dimanche 19 juin 2011

Le Maroc Que J'aime Avec Le Roi Que J'aime


Discours Royal du 18 juin 2011



SM le roi Mohammed VI confirme l’évolution du Maroc vers une monarchie constitutionnelle et parlementaire
Maroc



Lors d’un discours télévisé très attendu par les Marocains, et qui s’avère de portée historique, le roi Mohammed VI a annoncé, vendredi 16 juillet 2011, rien de moins que l’évolution du Royaume vers une monarchie constitutionnelle qui renforcera les prérogatives du Premier ministre, tandis que le Roi demeurera « Commandeur des croyants et chef de l’État ». Mohammed VI a également annoncé que le référendum populaire sur le projet de nouvelle Constitution sera organisé le vendredi 1er juillet 2011.


Selon les termes de la nouvelle Constitution (téléchargeable à la fin de l’article), Mohammed VI demeure Commandeur des croyants, chef suprême et chef d’état-major général des forces armées royales. 

La personne du roi sera « inviolable », « Le roi exerce ses missions régaliennes de garant et d’arbitre (...) étant entendu que la législation est du
ressort exclusif du parlement », a également souligné Mohammed VI, précisant aussi que le « libre exercice du culte » sera garanti par le monarque, et que l’islam est la religion d’État.
Le « Président du gouvernement » :
un premier ministre aux pouvoirs accrus

En revanche, les pouvoirs du roi seront notablement réduits au bénéfice du Premier ministre, qui devrait s’appeler

dorénavant Président du gouvernement.

L’une des innovations de ce projet prévoit en effet que le chef du gouvernement sera choisi par le souverain au sein du parti arrivé en tête aux élections, alors que jusqu’ici le roi pouvait sans obligation aucune désigner le Premier ministre de son choix. De plus, alors que jusqu’à présent la dissolution est du ressort exclusif du monarque, la nouvelle Constitution prévoit que le Président du gouvernement aura « le pouvoir de dissoudre la Chambre des représentants ».

La nouvelle Constitution devrait reconnaître la souveraineté populaire qui fait du peuple la base et la source de tous les pouvoirs.

Elle devra également mettre en place les fondements d’une régionalisation démocratique et ceux de la protection et de la promotion de la culture de la langue amazighes, celle-ci étant reconnue comme langue officielle du Royaume, comme la langue arabe.

Autre innovation : afin de préserver l’indépendance de la justice, le ministre marocain de la justice ne devrait pas figurer sur la liste des membres du Conseil supérieur de la magistrature, qui devrait être composé du président de l’institution du médiateur, du président du conseil national des droits de l’Homme et d’autres personnalités nommées par le roi.

Par ailleurs, le conseil constitutionnel devrait être transformé en une institution Constitutionnelle.

Ce projet de nouvelle Constitution, qui vise à « consolider les piliers d’une monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale » sera soumis à référendum le 1er juillet et « je dirai oui à ce projet », a affirmé Mohammed VI.


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Texte intégral du discours de SM Mohammed VI
du vendredi 17 juin 2011

"Louange à Dieu.

Prière et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons.


Cher peuple,

arton1066-39704.jpgJe M’adresse à toi pour renouveler notre pacte par une nouvelle Constitution qui représente un tournant historique et déterminant dans le processus de parachèvement de la construction de l’Etat de droit et des institutions démocratiques. Il s’agit, en l’occurrence, de consacrer les principes et les mécanismes de bonne gouvernance, et de réunir les conditions d’une citoyenneté digne et d’une justice sociale équitable.

Ce processus, Nous l’avons entamé dès Notre accession au Trô ne, en parfaite communion avec toutes les forces vives de la Nation. Et c’est grâce à lui, du reste, que nous sommes parvenus, trois mois après le lancement du processus de révision constitutionnelle, à mettre au point une nouvelle charte constitutionnelle démocratique. Ce texte repose sur le cadre référentiel avancé de Notre Discours historique du 9 mars dernier qui a recueilli l’adhésion unanime de la nation. Il s’appuie également sur les propositions pertinentes avancées par les instances politiques, syndicales, associatives et de jeunesse, ainsi que sur le travail novateur accompli par la Commission consultative et l’action constructive menée par le Mécanisme politique, Commission et Mécanisme que Nous avons mis en place précisément à cette fin.

Nous tenons à rendre hommage à chacun pour sa contribution démocratique qui, grâce à cette approche participative, nous a permis d’aller, au-delà de la révision de la Constitution actuelle, vers la confection d’une nouvelle Constitution, laquelle se distingue par trois caractéristiques majeures, tant au niveau de la méthodologie de son élaboration, qu’aux plans de la forme et du contenu.

Concernant la méthodologie, Nous avons tenu à ce que, pour la première fois dans l’histoire de notre pays, la Constitution soit faite par les Marocains, pour tous les Marocains.

Quant à la forme, son originalité tient au fait que le texte repose sur une nouvelle architecture agençant tous les chapitres de la Constitution, depuis le préambule qui en constitue une partie intégrante, jusqu’aux derniers articles, dont le total est passé de 108 à 180 articles.

S’agissant du contenu, il institue un modèle constitutionnel marocain original, reposant sur deux piliers complémentaires l’un de l’autre :

Le premier pilier traduit l’attachement aux constantes immuables de la Nation marocaine, dont Nous avons la charge d’assurer la pérennité et la continuité dans le cadre d’un État musulman où le Roi, Amir Al Mouminine, assure la protection de la foi et des fidèles, et le libre exercice des cultes.

Le projet consacre, par ailleurs, la position de notre pays en tant que partie intégrante du Grand Maghreb, ainsi que son engagement en faveur de la construction de l’Union Maghrébine qui en est issue. Il marque également l’adhésion de notre pays à la consolidation des relations de fraternité arabe et islamique et de solidarité africaine.
Il illustre aussi notre attachement à œuvrer pour l’élargissement et la diversification des relations de coopération et de partenariat avec son voisinage euro-méditerranéen et avec les différents pays du monde. Ce projet, c’est aussi l’expression de la volonté du Maroc d’être un État moderne, attaché aux chartes et conventions onusiennes, et agissant comme partie prenante et acteur à part entière au sein de la communauté internationale.

S’agissant du deuxième pilier, il traduit la volonté de conforter et de consacrer les attributs et les mécanismes qu’induit le caractère parlementaire du régime politique marocain. Celui-ci, en effet, repose, dans ses fondements, sur les principes de souveraineté de la Nation, la prééminence de la Constitution comme source de tous les pouvoirs, et la corrélation entre la responsabilité et la reddition des comptes. Tout cela s’inscrit dans un schéma constitutionnel efficient et rationnel, qui est foncièrement propre à garantir la séparation, l’indépendance et l’équilibre des pouvoirs, et qui a vocation à assurer la liberté et le respect de la dignité du citoyen.

À cet égard, la séparation des Pouvoirs et la clarification de leurs compétences respectives, apparaissent, entre autres indices saillants, à travers la décision de scinder l’article 19 de la Constitution actuelle, qui se décline désormais, en deux articles distincts :

- Un article indépendant portant sur les attributions exclusives du Roi, Amir Al Mouminine, Président du Conseil Supérieur des Ouléma, lequel a été érigé en institution constitutionnelle.

- Un autre article définit le statut du Roi, en tant que Chef de l’État, son Représentant Suprême, Symbole de l’unité de la Nation, Garant de la pérennité et de la continuité de l’État, de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume, Guide éclairé, et Arbitre Suprême qui, transcendant toute appartenance politique ou autre veille à la préservation des choix démocratiques de la Nation, et à la bonne marche de ses institutions constitutionnelles.

Le Roi exerce ses missions régaliennes de Garant et d’Arbitre, qui sont énoncées dans cet article, sur la base des dispositions d’autres articles, expressément stipulées dans la Constitution, étant entendu que la législation est du ressort exclusif du parlement.


Cher peuple,

Le projet officiel de Constitution va bien au-delà d’une loi suprême pour le Royaume. En fait, il constitue, à Nos yeux, le socle solide du modèle marocain original de démocratie et de développement. Mieux encore, il s’agit d’un nouveau pacte historique entre le Trône et le peuple. Cette particularité ressort clairement des dix axes majeurs ci-après :

Axe Premier : La consécration constitutionnelle de la Monarchie citoyenne et du Roi citoyen, et ce à travers :

- Une disposition stipulant l’inviolabilité de la personne du Roi et le respect qui Lui est dû en tant que Roi, Amir Al Mouminine et Chef de l’Etat.

- Un amendement portant l’âge de la majorité du Roi à 18 ans, au lieu de 16, à l’instar de tous Ses frères et sœurs marocains.

- Le transfert de la présidence du Conseil de Régence au Président de la Cour constitutionnelle, dans la mesure où celle-ci a vocation à veiller au respect de la Constitution, ce qui représente l’essence même des missions dévolues à ce Conseil. En outre, celui-ci comporte, dans sa composition, tous les Pouvoirs constitutionnels, et ce par l’adjonction de deux membres, en l’occurrence le Chef du gouvernement et le Président-délégué du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire. La représentation des Ouléma s’y trouve également rehaussée, puisque le Secrétaire général du Conseil Supérieur des Ouléma, siège désormais au Conseil de Régence.

Axe II : La constitutionnalisation de l’Amazighe comme langue officielle du Royaume, au côté de la langue arabe.

En effet, eu égard à la symbiose unissant les composantes de l’identité nationale unie, riche de la pluralité de ses affluents arabo-islamiques, amazigh, saharo-africain, andalou, hébraïque et méditerranéen, le projet de Constitution consacre l’Arabe comme langue officielle du Royaume. L’engagement de l’Etat à en assurer la protection et la promotion s’y trouve clairement affirmé.

Le projet prévoit aussi la constitutionnalisation de l’Amazigh comme langue officielle également. Il s’agit d’une initiative d’avant-garde, qui constitue le couronnement du processus de réhabilitation de l’Amazigh, comme patrimoine commun à tous les Marocains. Son officialisation effective devra s’inscrire dans un processus graduel, au moyen d’une loi organique, qui en définira les modalités d’intégration dans l’Enseignement et aux secteurs prioritaires dans la vie publique.

Parallèlement, le projet prévoit la promotion de toutes les expressions linguistiques et culturelles marocaines, en premier lieu, le Hassani comme culture authentique de nos chères provinces sahariennes.

Afin de concrétiser Notre volonté de favoriser la qualification de nos ressources humaines, en particulier les jeunes, de sorte qu’ils puissent s’insérer dans la société du savoir et la mondialisation, et qu’ils parviennent à maîtriser les sciences et la technologie, le projet de Constitution prévoit la nécessaire ouverture sur l’apprentissage et la maîtrise des langues internationales les plus utilisées, et ce, dans le cadre d’une stratégie cohérente permettant de raffermir et de cimenter l’unité nationale. Sa mise en Œuvre sera pilotée par un Conseil Supérieur ayant pour vocation de veiller à la promotion de la culture marocaine et des langues nationales et officielles, ainsi que la rationalisation et l’opérationnalisation de leurs institutions, y compris celle chargée du développement de la langue arabe.

Axe III : La constitutionnalisation de tous les droits de l’Homme tels qu’ils sont reconnus universellement, avec tous les mécanismes nécessaires pour assurer leur protection et garantir leur exercice. De ce fait, la Constitution marocaine sera une Constitution des droits de l’Homme, un véritable pacte des droits et des obligations de la citoyenneté.

Ont été constitutionnalisées à cet égard, la prééminence des conventions internationales telles que ratifiées par le Maroc, par rapport aux législations nationales, ainsi que l’égalité de l’homme et de la femme pour ce qui concerne les droits civils, et ce, dans le respect des dispositions de la Constitution ainsi que des lois inspirées de la religion musulmane. Sont consacrées, au même titre, l’égalité entre l’homme et la femme, dans tous les droits politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux, ainsi que la création d’un mécanisme de promotion de la parité entre l’homme et la femme.

Se trouvent également consacrés dans ce projet de Constitution tous les droits de l’Homme, notamment la présomption d’innocence, la garantie des conditions d’un procès équitable, la criminalisation de la torture, des disparitions forcées, de la détention arbitraire et de toutes les formes de discrimination et des pratiques humiliantes pour la dignité humaine, ainsi que la garantie de la liberté de la presse, d’expression et d’opinion, et le droit d’accès à l’information et de présentation de pétitions, conformément à des normes fixées par une loi organique.

Par ailleurs, les garanties constitutionnelles concernant les droits de la classe laborieuse, ainsi que la justice sociale et la solidarité nationale ont été consolidées. De même qu’a été consacrée la garantie de la libre entreprise, et de l’Etat de droit dans le domaine des affaires.

Axe IV : L’émergence démocratique du Pouvoir exécutif sous la conduite du Chef de Gouvernement.

A cet égard, le statut constitutionnel du « Premier Ministre » sera élevé à celui de « Chef de Gouvernement ». Il en est de même de l’Exécutif qui sera désigné au sein du parti arrivé en tête des élections de la Chambre des Représentants, marquant ainsi l’émergence d’un gouvernement issu du suffrage universel direct.

Consacrant la responsabilité pleine et entière du Chef de Gouvernement vis-à-vis des membres de l’équipe gouvernementale, la Constitution lui confère la compétence de proposer ces membres, de mettre fin à leurs fonctions, de conduire et de coordonner l’action gouvernementale et de superviser l’administration publique. Ainsi, il a désormais compétence pour nommer, par décret, aux postes civils, conformément à une loi organique qui fixe la liste de ces postes et les critères d’accès aux fonctions publiques sur la base des principes de méritocratie, de transparence et d’égalité des chances pour tous les Marocains.

Le Roi, sur proposition du Chef de Gouvernement et à l’initiative des ministres concernés, exerce le pouvoir de nomination, en Conseil de Ministres, dans certaines hautes fonctions publiques, telles celles de wali, gouverneur, ambassadeur et des responsables des administrations de la sécurité intérieure et des institutions nationales stratégiques, étant entendu que la nomination à des postes militaires demeure de la compétence exclusive et régalienne du Roi, Chef Suprême, Chef d’État-major Général des Forces Armées Royales.

Le projet confère, en outre, au Chef de Gouvernement, le pouvoir de dissoudre la Chambre des Représentants et consacre le principe de sa consultation par le Roi, avant la déclaration de l’état d’exception et la dissolution du parlement. Il définit les normes régissant chaque cas, afin de garantir la séparation des pouvoirs, l’équilibre et la coopération entre eux.

Afin que le gouvernement puisse disposer d’une base constitutionnelle pour exercer ses responsabilités organisationnelles et exécutives, il est prévu de constitutionnaliser le Conseil de Gouvernement et de définir et clarifier ses compétences, en cohérence et en complémentarité avec le Conseil des Ministres et en toute distinction par rapport à celui-ci.

En effet, le Conseil des Ministres se tient sous la Présidence du Roi, à Son initiative, où à la demande du Chef du Gouvernement, qui participe à ses travaux, en présence des ministres uniquement. Le Roi peut déléguer la présidence d’un Conseil des Ministres au Chef du Gouvernement, sur la base d’un ordre du jour déterminé, et ce, afin de renforcer son pouvoir exécutif.

Quant au Conseil de Gouvernement, il se tient sous la présidence de son Chef, à son initiative, et dans une composition comprenant tous ses membres.



S’agissant des attributions de ces deux organes, elles se distinguent notamment par le fait que le Conseil de Gouvernement dispose de larges compétences exécutives et décisionnelles qui lui sont propres et d’autres, délibératives, qui font que certaines questions sont renvoyées devant le Conseil des Ministres pour statuer, dans le cadre des compétences stratégiques, d’arbitrage et d’orientation, qui lui sont réservées, notamment pour ce qui concerne la nécessité de préserver les équilibres macro-économiques et financiers, devenue désormais une règle constitutionnelle.

Axe V : Instauration d’un Pouvoir parlementaire exerçant des compétences substantielles en matière de législation et de contrôle.

En effet, le projet de Constitution consacre la prééminence du statut de la Chambre des Représentants, en lui conférant le pouvoir de statuer sur l’adoption des textes législatifs. Il renforce également ses attributions en matière de contrô le du gouvernement, notamment en consacrant la responsabilité exclusive du gouvernement devant lui.

De même, le pouvoir de législation et d’édiction de toutes les lois est désormais du ressort exclusif du parlement. Elargis également, les domaines de la loi passent de 30, actuellement, à plus de 60 domaines dans la Constitution proposée.

Dans le souci de moraliser l’action parlementaire, le projet prévoit la constitutionnalisation de l’interdiction de la transhumance parlementaire. Il limite l’immunité parlementaire pour qu’elle ne porte que sur l’expression d’opinion, écartant ainsi les délits et crimes de droit commun. De même qu’il est prévu de supprimer la Haute Cour, réservée aux ministres, consacrant ainsi l’égalité de ceux-ci avec les citoyens face à la loi et à la justice.

Quant à la deuxième Chambre, la Constitution proposée prévoit, dans un souci de rationalisation de sa composition, qu’elle comprend de 90 à 120 membres.

À cet égard, et en réponse à la requête qui Nous a été soumise par les centrales syndicales, avec l’appui des partis politiques, au sujet de la représentation des syndicats au sein de la deuxième Chambre, Nous avons décidé, dans le cadre de Nos missions d’arbitrage, d’inscrire dans le projet une représentation appropriée pour les syndicats, ainsi que pour les organisations professionnelles et les instances représentatives des entreprises nationales. C’est une décision qui procède de l’essence même du régime monarchique marocain, de sa vocation sociale et de Notre doctrine du pouvoir en vertu de laquelle, Nous inscrivons la promotion de la situation sociale de nos citoyens au cŒur de Nos préoccupations, tant au niveau politique, que sur le terrain.

Pour ce qui concerne nos citoyens résidant à l’étranger, ils disposeront d’une représentation parlementaire dès que la formule démocratique y afférente aura muri, étant entendu qu’ils jouissent du droit de voter et de se porter candidat dans les deux Chambres du parlement.

Axe VI : Octroi à l’opposition d’un statut spécial et de mécanismes efficients : le but est de renforcer son rô le et conforter son statut pour qu’elle puisse enrichir l’action parlementaire en matière législative et de contrô le. Elle disposera, désormais, du droit de représentation proportionnelle dans tous les organes du parlement.

Dans le même ordre d’idées, le projet dispose, en outre, que le Chef du Gouvernement présente un exposé d’étape sur l’action gouvernementale et qu’il réponde aux questions relatives à la politique générale. Il prévoit également la réduction du quorum requis pour l’introduction d’une motion de censure, ainsi que pour la formation de commissions d’enquêtes et le renvoi des projets de loi devant le Conseil Constitutionnel. De même qu’il stipule que les commissions parlementaires ont compétence pour interpeller les responsables des administrations et des entreprises publiques.


Axe VII : Consécration d’un Pouvoir judiciaire indépendant vis-à-vis des Pouvoirs exécutif et législatif, ce qui conforte l’indépendance de la justice dont Nous sommes le Garant.

En effet, il est expressément stipulé dans le nouveau projet de Constitution que si le jugement est bel et bien prononcé au nom du Roi, il n’en reste pas moins qu’il doit être fondé sur la loi. Ainsi, et pour préserver l’inviolabilité de la justice, il a été prévu la pénalisation constitutionnelle de toute ingérence de l’autorité, de l’argent ou de tout autre forme de pression, dans les affaires de justice.

De même, le projet prévoit la création du « Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire », qu’il érige en institution constitutionnelle présidée par le Roi. Cette institution qui remplace le Conseil Supérieur de la Magistrature bénéficie de l’autonomie administrative et financière. En plus, et pour mieux marquer la séparation des pouvoirs, le projet confie au président de la Cour de cassation, les fonctions de président-délégué qui sont assurées actuellement par le ministre de la justice.

Parallèlement, la composition du nouveau Conseil a été renforcée en augmentant le nombre des magistrats élus, et la proportion de représentation de la femme juge, ceci outre les dispositions envisagées pour garantir une ouverture du Conseil permettant d’y faire siéger des personnalités et des institutions ayant un rapport avec les droits de l’Homme et la défense de l’indépendance de la justice.

Au même titre, le Conseil dispose de compétences élargies couvrant désormais, outre la carrière professionnelle des magistrats, les missions d’inspection et celles lui permettant de donner son avis sur les textes législatifs et réglementaires concernant la justice et l’évaluation du système judiciaire.

En confirmation de la primauté de la Constitution et de la loi, le Conseil constitutionnel a été érigé en « Cour Constitutionnelle ». Celle-ci dispose de larges compétences comprenant, outre les prérogatives de l’actuel Conseil, le contrô le constitutionnel des conventions internationales, et le pouvoir de trancher les litiges entre l’Etat et les Régions. En outre, et afin de renforcer la démocratie citoyenne, la Cour constitutionnelle aura désormais compétence pour se prononcer sur les recours des justiciables invoquant l’inconstitutionnalité d’une loi dont la justice estime qu’elle pourrait porter atteinte aux droits et libertés constitutionnels.

Axe VIII : Constitutionnalisation de certaines institutions fondamentales, en maintenant la possibilité de créer par des textes législatifs ou réglementaires d’autres instances et mécanismes, susceptibles de renforcer la citoyenneté et la participation démocratique.

Ainsi, ont été constitutionnalisés de nombreux Conseils et institutions, tels que l’Institution « Al-Wassit » (Médiateur), le Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger et la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle. De même que le Conseil Economique et Social a vu ses compétences élargies pour englober les questions environnementales, alors que le Conseil de l’Education dispose désormais de prérogatives qui couvrent également la formation et la recherche scientifique.

Le projet prévoit, en outre, la constitutionnalisation du Conseil National des Droits de l’Homme, ainsi que le renforcement du statut constitutionnel des partis politiques, des organisations syndicales, professionnelles, et de la société civile, en consacrant à chacune de ces structures plusieurs articles dans la Constitution.

Par ailleurs, et afin que les jeunes puissent disposer d’un espace institutionnel d’expression et de discussion, Nous avons tenu à créer un Conseil de la jeunesse et de l’action associative, formant une force de proposition. L’objectif recherché est de leur permettre de contribuer, dans un esprit de démocratie et de citoyenneté, à l’édification du Maroc de l’unité, de la dignité et de la justice sociale.

Axe IX : Renforcement des mécanismes de bonne gouvernance, de moralisation de la vie publique et de lutte contre la corruption, par la mise en place, à cet effet, d’un système institutionnel cohérent et harmonieux.

Il est prévu, à cet égard, de renforcer le rô le de la Cour des Comptes et des Cours Régionales des Comptes, dans le contrô le des finances publiques, l’ancrage des principes de transparence, de responsabilité, de reddition des comptes et de non-impunité. Le projet prévoit également la constitutionnalisation du Conseil de la Concurrence et de l’Instance nationale de la probité et de lutte contre la corruption.

Dans la mesure où la sécurité, dans son acception stratégique, est devenue désormais un défi mondial, Nous avons tenu à doter notre pays d’un mécanisme institutionnel consultatif, sous la forme d’un Conseil Supérieur de Sécurité, que Nous présidons et dont Nous pouvons déléguer la présidence d’une réunion au Chef de Gouvernement, selon un ordre du jour déterminé.

Le Conseil compte parmi ses membres les Chefs des Pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, les ministres, les responsables et les personnalités concernées.

Le Conseil est compétent pour gérer les questions sécuritaires stratégiques internes et externes, structurelles et imprévues. Il constitue une force d’évaluation et de proposition dédiée à la consolidation de la bonne gouvernance sécuritaire dans notre pays.


Cher peuple,.

Notre vision globale et intégrée de la démocratie authentique et des attributs de bonne gouvernance ne se limite pas à une simple redistribution des pouvoirs centraux. Elle repose, plutôt , sur la répartition des pouvoirs et des ressources entre le centre et les régions, et ce, dans le cadre d’une régionalisation avancée que Nous considérons comme la pierre angulaire de toute réforme profonde et de toute modernisation des structures de l’Etat.

C’est dans cette vision que s’insère le Dixième Axe qui consiste en la consécration constitutionnelle du Maroc uni des Régions, un Maroc fondé sur une décentralisation élargie, vouée à la démocratie et dédiée au développement humain, durable et intégré, dans le cadre de l’unité de l’Etat et de la Nation, et de l’intégrité territoriale et dans le respect des principes d’équilibre et de solidarité nationale et régionale.

Pour mettre en relief cette option stratégique dans le projet de Constitution, tout un chapitre de la Constitution est consacré aux collectivités territoriales et à la régionalisation avancée, sur la base du cadre référentiel que Nous avons annoncé dans Notre Discours historique du 9 mars, étant entendu qu’une loi organique fixera les compétences de l’Etat et des Régions, ainsi que les ressources, les mécanismes et l’organisation de la régionalisation.


Cher peuple,

Toute Constitution, quel qu’en soit le degré de perfection, ne saurait constituer une fin en soi. Elle est plutôt un moyen d’instaurer des institutions démocratiques. Celles-ci nécessitent des réformes et une mise à niveau politique qu’il appartient à toutes les parties prenantes de mettre en Œuvre afin de concrétiser notre ambition collective visant à réaliser les objectifs de développement et à assurer aux citoyens les moyens et les conditions d’une vie digne.

Ton Premier Serviteur remplira son devoir national en votant OUI pour le projet de nouvelle Constitution, soumis au référendum populaire. Je dirai OUI parce que Je suis profondément convaincu que ce projet de Constitution nouvelle intègre en son sein toutes les institutions et l’ensemble des principes présidant à la démocratie, au développement et aux mécanismes de bonne gouvernance. Je dirai d’autant plus volontiers que ce projet préserve la dignité et les droits de tous les Marocains, dans le respect de l’égalité et de la primauté de la loi.

Je dirai donc OUI à ce projet, car Je suis convaincu que, de par son essence démocratique, il donnera une forte impulsion à la recherche d’une solution définitive pour la juste cause de la marocanité de notre Sahara, sur la base de notre Initiative d’autonomie. Ce projet confortera, de surcroît, la position d’avant-garde qu’occupe le Maroc dans son environnement régional, en tant qu’Etat qui se distingue par son parcours démocratique, unificateur et original.

Que les partis politiques, les centrales syndicales, et les Organisations de la société civile qui ont participé en toute liberté et avec un total dévouement à la confection de ce pacte constitutionnel avancé, du début du processus jusqu’à son terme, s’attellent ensemble à la mobilisation du peuple marocain, non seulement pour qu’il vote en faveur du projet, mais pour qu’il le mette également en pratique. Car il constitue le meilleur moyen de réaliser les ambitions légitimes qui habitent nos jeunes, conscients et responsables, voire tous les Marocains qui ont à cœur de consolider la construction du Maroc de la quiétude, de l’unité, de la stabilité, de la démocratie, du développement, de la prospérité, de la justice, de la dignité, de la primauté de la loi et de l’Etat des institutions.

Tu Me trouveras, peuple fidèle, en première ligne, parmi ceux qui s’investissent dans la mise en œuvre optimale de ce projet constitutionnel avancé. C’est un projet qui est appelé, une fois entériné, par la grâce de Dieu, lors du référendum populaire du 1er juillet prochain, à consolider les piliers d’une Monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale.

« Dis : »Voici ma voie, j’appelle les gens (à la religion) d’Allah, moi et ceux qui me suivent".

Véridique est la parole de Dieu.

Wassalamoualaïkoum Wa Rahmatoullahi Wa barakatouh".


SM Mohammed VI, roi du Maroc
Discours du vendredi 17 juin 2011

17:58 Ecrit par LES AJUSTEURS dans Les activités Royale




lundi 3 janvier 2011

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vendredi 17 décembre 2010

20 millions de touristes en 2020





La vision 2020 se veut plus un projet territorial qu’une simple stratégie pour un secteur clé dans l’économie marocaine. «Elle a pour ambition de faire du Maroc d’ici 2020 l’une des 20 plus grandes destinations mondiales, réputée par son tourisme authentique, propre, responsable et surtout de qualité», a affirmé le ministre. Le tout, sans avoir à dénaturer le patrimoine naturel et culturel du pays. Cette stratégie repose sur 3 principaux axes : la mise en place d’une politique d’aménagement territorial de l’offre touristique, qui permettra de profiter à toutes les régions, l’instauration d’une nouvelle structure de gouvernance, capable d’apporter la dynamique nécessaire au développement territorial touristique et l’ancrage d’un développement durable à travers lequel le tourisme marocain va se démarquer.

Un plan de développement par région
Elaborée en concertation avec les acteurs locaux, régionaux et le secteur privé à travers la CGEM, cette nouvelle stratégie a permis de définir un plan de développement propre à chaque région, prenant en compte les atouts et spécificités de chacune tout en restant en cohérence avec les choix stratégiques au niveau national. Ainsi, des contrats-programmes régionaux seront signés d’ici juin 2011. «La Vision 2020 va jouer un rôle important dans le processus de régionalisation avancée dans lequel s’est engagé le Maroc», selon Yassir Znagui. La Vision prend ainsi appui sur huit territoires présentant la cohérence touristique, l’attractivité et la masse critique nécessaires (en termes de capacités d’hébergement, d’actifs touristiques et de desserte aérienne) pour un positionnement international. Ainsi, outre les destinations classiques (Marrakech et Agadir) qui accaparent plus de 70% des nuitées, six nouvelles destinations touristiques vont émerger. En effet, le royaume sera constitué de 8 régions touristiques, chacune avec ses spécificités et sa propre identité (voir encadré).
Développement durable
Enfin, deux autres territoires s’imposent comme les vitrines du Maroc en matière de développement durable en mettant en valeur les sites naturels les plus exceptionnels du pays. Il s’agit de «Grand Sud Atlantique», centré autour du site exceptionnel de Dakhla, qui se basera sur une offre exclusive combinant nature préservée et niches sportives, et de «Atlas et Vallées», regroupant Ouarzazate, les vallées et les oasis, ainsi que le Haut Atlas. Il se positionnera comme la destination phare de l’écotourisme et du développement durable méditerranéen. La vision compte mettre fin au déséquilibre existant en matière de croissance entre les différentes destinations afin de permettre à toutes les régions de bénéficier de l’essor du secteur. Ainsi, chaque territoire sera doté de ses propres objectifs, sa feuille de route et des outils et moyens permettant de la mettre en place.

De nouvelles instances de gouvernance
Afin d’assurer une certaine traçabilité, Y. Znagui a prévu la création de nouvelles instances qui prendront en charge le suivi et l’application rigoureuse des contrats-programmes. En effet, deux instances seront mises en place à cet effet. La première, «l’instance nationale de pilotage public-privé-régions», aura pour mission de piloter, suivre et évaluer la stratégie et d’en assurer la coordination et les arbitrages. La deuxième sera formée d’Agences du Développement Touristique (ADT) qui seront présents dans chaque territoire touristique, dans lesquels les Conseils Régionaux du Tourisme (CRT) et les Conseils Provinciaux du Tourisme (CPT) seront institutionnalisés comme parties prenantes de la gouvernance. Ces ADT auront pour mission de développer l’attractivité et la compétitivité touristiques des territoires et d’assurer une orientation des professionnels locaux et des investisseurs.

Les objectifs en chiffres

Pour Yassir Znagui, ministre du Tourisme, l’objectif de sa Vision est clair. Il s’agit de doubler la taille du secteur. D’ici 2020, le Maroc devra multiplier le nombre des arrivées pour atteindre 20 millions de touristes. Et ce, en doublant la part de marché sur les principaux marchés mondiaux et attirer pas moins d’1 million de touristes issus des marchés émergents cibles. Attirer les touristes n’est pas la mission la plus rude, puisque le travail doit surtout se faire au niveau de l’infrastructure et de l’animation. Ainsi, la stratégie prévoit la construction de quelques 200.000 nouveaux lits hôteliers et assimilés. La vision ambitionne de donner une attention particulière au voyage interne. Y. Znagui souhaite tripler le nombre de voyages domestiques et d’encourager les marocains à se tourner davantage vers les établissements classés. En effet, les besoins en hébergement des touristes nationaux ne sont couverts qu’à hauteur de 10% par les structures classées, alors que près de la moitié de la population marocaine voyage. La réalisation de ces objectifs consacrera la place du tourisme comme deuxième secteur économique du pays. Plus de 470.000 emplois directs seront créés sur la période 2011-2020 pour employer au terme de la décennie près d’un million de Marocains. De même, les recettes touristiques seront plus que doublées pour atteindre 140 milliards de dirhams (Mds) en 2020 soit une somme cumulée sur la décennie proche du billion de dirhams, ce qui constitue plus du double des recettes cumulées de la décennie précédente. Quant au le PIB touristique, il sera accru de 2 points, pour atteindre près de 150 Mds de dirhams contre environ 60 aujourd’hui.

Les leçons de la vision 2010
Le Maroc dispose d’atouts nécessaires pour se hisser au niveau d’une destination de rang mondial, mais ces atouts restent sous-exploités voire inexploités. Ainsi, sur les 1.500 ressources touristiques identifiées, seules 350 sont partiellement valorisées. De même, malgré une grande diversité géographique et culturelle, l’offre touristique marocaine s’est concentrée sur deux destinations seulement (Marrakech et Agadir) et a négligé le reste. Autre bémol, lors de la vision précédente, les investissements touristiques se sont concentrés sur les capacités hôtelières au détriment de l’offre d’animations et de loisirs. Conscients de ces lacunes qui ne permettent pas de fidéliser la clientèle aussi bien marocaine qu’étrangère, Y. Znagui propose aujourd’hui de nouveaux plans. Six programmes ont été définis autour du culturel, du balnéaire et du naturel, avec le développement durable comme toile de fond. Pour accroître l’attractivité des destinations, Yassir Znagui compte reconduire le plan Azur. Même si ce dernier a connu de nombreux problèmes lors de la stratégie précédente, pour le ministre, «ce plan visera à construire une véritable offre balnéaire Maroc compétitive au niveau international». Un programme intitulé «Green/ Eco/ Développement Durable» sera mis en place afin de préserver les ressources naturelles et rurales et veiller au respect de l'authenticité socioculturelle des communautés d'accueil. «Programme patrimoine et héritage» sera destiné à sauvegarder l’identité culturelle du Maroc à travers la structuration et la construction des produits touristiques cohérents et attractifs. L’animation et les loisirs ne seront pas en reste. Le programme «Animation, sport et loisirs» sera dédié exclusivement à la création d’une animation riche, de qualité et étalée sur toute l’année. Le tourisme d’affaires aura également son plan de développement. En effet, le programme «Niches» ou «Affaires et bien-être» aura pour mission de faire émerger le Maroc comme nouvelle destination internationale du tourisme d’affaires. Le plan compte créer les infrastructures nécessaires pour accueillir de grands événements internationaux. Le programme «Biladi», destiné aux touristes nationaux, sera reconduit, mais dans une nouvelle version, adaptée aux habitudes des Marocains en matière de voyage et de vacances.

Pour que les ressources humaines suivent
C’est un constat : le secteur du tourisme au Maroc souffre d’une pénurie en compétences et de main-d’oeuvre qualifiée. Plus les projets touristiques prolifèrent, plus les besoins en res sources humaines grandissent. Cela n’a pas échappé à Yassir Znagui, qui pense venir à bout de ce problème d’ici 2020. Sa vision prévoit la création d’une nouvelle génération d’écoles de référence en hôtellerie et tourisme, répondant aux besoins du marché et respectant les standards internationaux en la matière. Une Ecole de management touristique et hôtelier de niveau international sera créée afin d’accompagner les besoins en middle et top management du secteur, elle est le fruit d’un protocole d’entente signé avec l’Ecole de Lausanne. Dans chacune des huit régions touristiques, une à deux écoles de référence dans la formation de techniciens et techniciens spécialisés en hôtellerie, restauration et tourisme, seront mises en place.




mardi 14 décembre 2010

Mariage marocain

Coutûme de l'ancien mariage marocain

Auparavant les mariages étaient conclus entre les deux familles mais certaines le font encore aujourd’hui surtout dans les compagnes marocaines.
La mariée apportait une dot et la famille du marié devait reverser une somme importante à la famille de la future épouse.


La mariée garde souvent son nom de jeune fille. La dot marque la fin des fiançailles et le début des fêtes du mariage. C’est à ce moment là que l’on fait le contrat de mariage. La date de ce jour était fixée par les deux pères, deux ou trois semaines avant la date du mariage.
Après la rédaction du contrat qui se fait généralement chez le père du future époux, comptait la somme en espèce qui devrait être reversée à la famille de la future épouse, la mettait dans des sacs et les deux notaires, le père du marié et quatre ou cinq hommes de confiance allaient chez le père de la jeune fille.
Le père de la jeune fille était tenu à la coutume, il devait dépenser cette somme que pour les futurs époux. Il devait constituer le trousseau de la mariée mais aussi acheter le mobilier nécessaire pour leur futur logement. Une fois la dot versée la date du mariage était fixée. Cinq jours avant le mariage, les marieuses portaient à la maison du fiancé tout le nécessaire pour l’aménagement de la chambre nuptiale. On appelait ca le jour du déménagement " Nahar " et une fête avec des musiciennes " Tbbalat " était donnée dans chacune des deux familles.
Le lendemain s’appelait le jour de l’embellissement " Nahar ez zina " ou jour des matelas " Nahar el farch ", les marieuses venaient aménagées la chambre nuptiale pour que la jeune fille se sente bien. Généralement on apportait des sofas, coussins, rideaux…




Elles aménagaient aussi l’alcôve nuptiale " Dakhchoucha ", elles empilaient des matelas pour former une cloison ne laissant entre elle et le mur que la largeur d’un matelas, tout était décoré d’étoffes brodées et de tentures.
Une quinzaine de jours avant la date du mariage, la future épouse se rendait toutes les deux nuits au bain pour les sept ablutions rituelles. La dernière séance qui correspondait à l’avant-veille de son entrée dans le domicile conjugal était marquée par la cérémonie du lavage avec les seaux
" Takbib ". La fiancée venait accompagnée de parente et d’amies, elle était conduite dans la dernière salle et on lui chantait des louanges du Prophète et on poussait des youyous.
En arrivant dans la salle deux parentes déshabillaient la jeune fille qui devait resté les yeux fermés et les lèvres closes, pour crainte des génies du lieu. Sept seaux d’eau tiède étaient posés là,
les employées prenaient de l’eau tour à tour dans chacun à l’aide d’un récipient apporté de la Mecque" Tassa mekkawiya " et versaient l’eau sur la tête de la fiancée qui à la fin des sept seaux était maintenant sous la protection des anges. On l’habillait de vêtements neufs et on la coiffait d’une somptueuse étoffe brodée de noir " mharma ".
Les employées reprenaient les chants, et elles recevaient de la part des parents de l’argent mais aussi les anciens vêtements de la jeune fille car elle ne devait plus jamais les portés. La jeune fille venait d’entrer dans une nouvelle phase de sa vie. Tout le passé est brisé.
La soirée suivante était dite " toualeb sghar ".
Dès la fin de l’après midi des femmes se réunissaient autour du thé, pendant que la jeune fille restait derrière un rideau avec ses meilleures amies qui étaient là pour l’accompagner et la soutenir dans cette grande épreuve. A partir de ce moment là, deux invitées " barzat " joueront un rôle spécial.
C’est deux invitées étaient des proches parentes du marié qui s’étaient mariés récemment.
Elles portaient les mêmes vêtements que la future épouse mais elles n’étaient pas maquillées.
Elles devaient se tenir de chaque coté de la porte de la pièce nuptiale. Chacune d’elles avait à sa disposition une marieuse qui l’aidait à se vêtir.
Pendant ce temps, le fiancé menait une vie hors de l’ordinaire. Le père du marié se faisait prêté une maison voisine qui durant la fête abritait les amis du marié et le futur marié jusqu'à sa nuit de noce. On appelait cette maison " dar islan " tandis que la maison nuptiale portait le nom de " dar el orss ". Le fiancé devait se rendre à " dar el orss " avec des jeunes gens de son âge l’après midi
qui précédait la nuit de noce ou des fois la veille.
Dans la soirée qui précédait la première rencontre entres les futurs époux, le coiffeur de la famille apportait à " dar el orss " une grande chaise de bois. Un cortège devait être formé par les jeunes hommes qui portaient le futur marié jusqu'à la chaise du coiffeur. Cette cérémonie était appelé la contribution en l’honneur du marié sur la chaise " el ghrama e’ala el’aris fi ch-chliya ". Le coiffeur rasait la tête du fiancé et lui faisait la barbe si besoin puis le cortège se reformait pour rejoindre " dar islan ".
Après tout ces préparatifs on arrivait enfin au mariage dit la nuit de l’arrivée " lilet e-dkhoul ". Durant cette nuit là, trois fêtes étaient organisées dans chacunes des trois maisons ( les deux maisons familiales et la maison où se déroulait le mariage ).
Au début de la nuit et ce jusqu’à vers une heure du matin, la maison de la jeune fille était réservée aux hommes, les femmes et la jeune fille étaient au premier étage.
Le cortège nuptial se formait. En tête du cortège de ce mariage marocain les hommes de la famille du marié, les marieuses, la mariée avec cinq ou six parentes habillées pareilles, les parents de la mariée, hommes et jeunes garçons formaient le cortège. Ce cortège conduisait la jeune fille au seuil de la chambre nuptiale et lui présentait deux pains " khobza " et un trousseau de clés, un bol de lait et un plateau de dattes.
La belle mère de la jeune fille soulevait le voile, l’embrassait sur la joue et remettait le voile sur son visage, puis buvait une gorgée de lait que lui tenait une Neggafa et prenait une datte qu’elle lui donnait une autre neggafa puis retournait à sa place.
Avant même d’avoir été marié à son fiancé, la jeune fille était adoptée par sa future belle famille.
Pendant cette cérémonie, deux marieuses allaient chercher le futur époux à " dar islan "
vers cinq heures du matin.
Les amis de celui-ci l’aidaient à enfiler les vetements que lui avait apporté les marieuses
( une djellaba et un burnous ) et tous après se dirigeaient vers la maison nuptiale.
Seul le marié entrait dans la chambre nuptiale.
Les marieuses plaçaient le fiancé derrière sa future épouse. Puis les marieuses faisaient retourner la jeune fille vers son fiancé et levaient le voile. Dans la plupart des cas, les deux époux se regardaient pour la première fois. Ceci fait le marié retournait à " dat islan " pour déjeuner avec ses amis.
Apres le diner, le mari revenait dans la chambre nuptiale pour consommait son mariage marocain.
Très tôt le lendemain " Sbohi ", toutes les femmes mariées se réunissaient, attendant les marieuses qui elles apportaient le caleçon de la jeune mariée taché de sang. L’après midi de ce jour était consacrée à l’ouverture des cadeaux.
Les deux jours suivants, la mariée recevait son mari en fin d’après midi ainsi que beaucoup d’invités qui continuaient à voir.
Le cinquième jour la mariée était habillée plus simplement, et les marieuses défaisaient la coiffure spéciale mariage pour la coiffer de deux tresses de chaque coté.
Les marieuses faisaient asseoir la mariée, et le marié dénouait les tresses, collait une pièce d’or sur son front et les marieuses après la recoiffait, après quoi elle était présentée aux invités
sans maquillage et les yeux ouverts.
Le septième jours les marieuses venaient remettre tout en ordre dans la chambre nuptiale
et quittaient la maison. A partir de ce jour les époux reprenaient la vie normale.
Cependant le neuvième jours, l’épouse faisait du pain et préparait un plat de poisson.
Coutume du mariage marocain de nos jours

De nos jours le mariage marocain se déroule sur 3 jours au lieu de 7 auparavant.
La veille du mariage, les deux familles se réunissent chez les parents de la future épouse.
Un cortège formait de la famille proche du fiancé l'accompagne jusqu’à la maison de sa future épouse pour donner la dot au père de la mariée.
Tout les hommes des deux familles se réunissent au rez de chaussée de la maison et au premier étage se trouvent les femmes.
Les hommes et les femmes sont souvent séparés dans ce genre de cérémonie.
Un " adoul " ( personne religieuse assermenté de l’Etat ), fait l’acte de mariage en présence
des futures époux, et des parents de chacuns d’eux. Une fois la signature du mariage marocain faite, une lecture du coran est organisée.
Plus tard dans la soirée les futurs mariés rejoignent les femmes pour la cérémonie du henné. Pendant que la fiancée se fait posé le henné les femmes fêtent cette union avec des chants
et des danses sur des musiques traditionnelles, puis en fin de soirée le marié quitte ensuite
la maison.
Le lendemain c’est le jour du grand mariage marocain. Toute la famille des deux époux, amis, connaissances se réunissent le soir généralement dans une salle.
Pendant l’arrivée des invités, l’épouse se fait aidé par des femmes " neggafats " pour s’habiller, se coiffer et se maquiller, ensuite arrive le marié et les festivités peuvent commencer.
Il rejoint sa femme qui se trouve dans une pièce et tout les deux se préparent à entrer en scène.
Ils sont présentés sur des plateaux en bois décorés " ammariya " et des " dkaykiya " chanteurs
et danseurs traditionnels les accompagnent. Ils les portent sur leurs épaules et font dansés
les plateaux pour les présenter à tout le monde.
Les époux rejoignent leur canapé qui est situé à la vue de tout les invités.
Tout le long de la soirée les époux iront se changés pour revenir à chaque fois sur leur canapé.
Généralement durant toute la soirée la mariée devra se changer de tenues sept fois.
C’est les " naggafats " qui organisent le temps de leurs apparitions et à quel moment ils doivent se changés …
Les invités peuvent prendre des photos avec les mariés à chaque changement de tenues.
Entre tout ses changements les invités sont servis, boivent du thé, mangent des gâteaux, salés, sucrés et le diner est généralement composé de deux plats.
En fin de soirée une pièce montée est servie en compagnie des mariés.
Très tôt le matin, la fête se termine et les invités ainsi que les mariés quittent la salle. Les mariés seront enfin seuls pour la première fois et pourront consommer leur mariage marocain.
Le lendemain les membres les plus proches des deux familles sont réunis chez les parents du marié. Un repas simple mais copieux est servi.

Ces dernières années une autre forme de mariage marocain à vu le jour. Pour des raisons d’économies et de temps tout est organisé en un jour dans la salle des fêtes ( signature du mariage marocain religieux, henné et la fête ).

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